14 SEPTEMBRE 2002 : FOIRE A COURNONTERRAL

Voilà le passé qui ressurgit ! Car le 14 septembre est l’une des trois dates des foires qui avaient lieu autrefois à Cournonterral, avec le 1er mai et le 21 décembre. Les foires de Cournonterral étaient célèbres et l’on y venait de très loin. Celle du 14 septembre était la plus courue.

François 1er créa à la demande du seigneur de Cournonterral, Raymond de Chasteaupers, par lettres patentes de 1521, trois foires annuelles et un marché chaque semaine. Cela était justifié par l’importance et la richesse du village, elles pouvaient durer trois à quatre jours voire même huit jours. Charles IX recréa ces mêmes foires en janvier 1560, donnant leur protection non plus au sénéchal de Beaucaire mais au gouverneur de Montpellier. Au XVIIIe siècle, Cournonterral produit les 2/3 de ses besoins en céréales, un peu de vin 2 800 hectolitres, de l’eau de vie, on y exploite les bois, on pratique l’élevage du mouton et le commerce de la laine.
La foire de septembre est à son apogée de 1810 à 1875. Elle était aussi célèbre que celle de Pézenas et du Vigan. C’est à cette foire que se fixait le prix de vente des bêtes (chevaux, ânes, vaches, moutons…) pour toute la région. C’était avant tout une foire aux animaux, mais on y trouvait des objets, de la bourrellerie, des cuirs, de la quincaillerie, de la ferrerie, de la chaudronnerie, des outils, des jouets, des poudres soignantes, des étoffes et des comestibles : fromages, cochonnailles, aulx, oignons… On y venait y manger le dindonneau à la broche chez le traiteur Jean Rouquet, la croustade « petagarot » et les oreillettes. Les cochons étaient parqués au plan de la Croix et les moutons sur l’esplanade. On y voyait même un théâtre de poupée de bois que portait sur son dos un savoyard à longue blouse, un joueur de vielle dévidait la complainte du crime de la rue Montorgueil et le soir, maître Nicolas, le « hautboisaïre » entraînait les couples dans des farandoles endiablées. Dans les années 1880-1885, la foire fut transférée du 14 septembre au 21 octobre et devient alors la foire aux vins. A ce moment, Cournonterral est l’une des dix communes des environs la plus productrice de vin, entre 63 000 et 94 000 hectolitres.
En 1923, la foire du 21 octobre est transférée au premier dimanche d’août. Ce qui donnera notre fête locale actuelle. La felibressa d’au Teroun, Claire Bonnier (1883-1966), dans une de ses oeuvres, nous entraîne avec son style imagé au coeur de la foire.

Touta la grand’carriera era réservada per lous als et las cebas.
Toute la grand’rue était réservée pour les aulx et les oignons.

Lous vendeires de capels et d’estofa se tienen à la plaça.
Les vendeurs de chapeaux et d’étoffes se tiennent à la place.

A la plaça nova s’anava croumpá lou fromage et lou salat.
A la place neuve on allait acheter les fromages et les salaisons.

Tout ce que cau per la vendémia s’atrouvara au joe de baloun.
Tout ce qui est nécessaire pour la vendange se trouvait au jeu de ballon.

A l’aubergarié… la pratica éra talamen aboudousa cade an que ioch jours avans la fieira una vintena de fennas éroun oúcupadas a sanna à plouma…
A l’auberge… la clientèle était tellement nombreuse tous les ans que huit jours à l’avance il est nécessaire de louer vingt femmes pour saigner et plumer les volailles.

Quanta joia à l’auba d’aquel grand jour, quanta animacioun dins la pichota cieutat !
Quelle joie à l’aube de ce grand jour, quelle animation dans la petite cité !

L'Esplanade servait de champ de foire pour accueillir les marchands. En 1879, un groupe scolaire y fut construit et le champ de foire déplacé.

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